Projet d’aéroport : « une aberration écologique et financière »
Partager

Nicole Kiil-Nielsen, députée européenne du groupe Les Verts / ALE, rappelle les raisons de l’opposition des Verts au projet de nouvel aéroport, près de Nantes, à Notre-Dame-des-Landes.

CherEs amiEs,

Je me suis rendue à Notre-Dames-des-Landes pour une cause qui me tient tout particulièrement à cœur : la lutte contre le projet d’aéroport. Ce projet vieux de plus de 40 ans continue à empoisonner la vie politique en Loire-Atlantique, tout particulièrement depuis que Lionel Jospin l’a relancé en 2000. Les Verts, les écologistes et les militants locaux de l’ADECA et de l’ACIPA ont pourtant bien mis en évidence l’aberration que constitue ce projet.

C’est une aberration écologique tout d’abord. L’avion est un des modes de transport les plus polluants qui soit (il est 25 fois plus polluant que le train par exemple). Le développement de l’aérien est incompatible avec la décroissance de notre empreinte écologique, de même qu’avec toute politique visant à lutter contre le réchauffement climatique. En outre, la construction de l’aéroport de Notre-Dame des Landes entraînerait la destruction de 1650 ha de bocages et de mares, provoquant la mise en danger d’espèces protégées.

C’est une aberration financière ensuite. Si la facture prévue est de 584 millions d’euros (dont 120 à 150 millions de la part de l’État seulement), les Verts pronostiquent une facture finale proche de 2 à 3 milliards d’euros si l’on prend en compte l’ensemble du projet (tram-train entre Nantes et le nouvel aéroport, ligne ferroviaire à grande vitesse entre Rennes et Nantes et passant par l’aéroport, routes en provenance du Morbihan, etc.). Et cette somme sera essentiellement financée localement, au détriment de besoins plus importants (santé, éducation, logement, etc.). L’aéroport de Notre Dame des Landes, s’il est construit, va pénaliser la Loire-Atlantique et les collectivités territoriales liées à ce projet pendant des décennies.

C’est une aberration historique enfin. L’âge d’or du transport aérien est déjà derrière nous. Les aéroports actuels en Bretagne et dans l’ouest de la France ne sont pas saturés ni près de l’être : si l’on transporte plus de monde, le nombre de mouvements (avions) stagne depuis dix ans parce que les avions sont mieux remplis. Et avec la raréfaction progressive du pétrole (et donc l’augmentation progressive de son prix) la tendance va même rapidement être à la diminution des vols. Les aéroports actuels sont largement suffisants voire même trop nombreux.

Je me suis donc rendue hier au Camp Action Climat, qui s’est tenu à Notre Dame des Landes du 1er au 9 août. J’ai été accueillie par le conseiller général Vert de Loire-Atlantique, Gilles Denigot. Il m’a présenté les responsables des deux associations ACIPA et ADECA, Dominique et Sylvain Fresneau. Tout en visitant les différents stands, j’ai discuté avec les militants locaux, dont certains résistent au projet d’aéroport depuis 1972 ! Nombreux et riches ont également été les échanges avec le Réseau Sortir du Nucléaire et avec ATTAC (notamment avec Gilles Lemaire, ancien secrétaire national des Verts et membre du bureau d’ATTAC, et Aurélie Trouvé, co-présidente d’ATTAC).

Les organisateurs avaient préparé une action collective, une sorte de happening à laquelle tous les présents ont participé. J’y ai participé avec des copains des Verts de Rennes et de Loire-Atlantique. Nous avons simulé l’arrivée d’un avion en bottes de paille dans l’« aéro-vache » de Notre Dame des Landes. Outre montrer l’emprise territoriale d’un simple petit avion, l’action rappelait que les terres menacées étaient agricoles et devaient le rester.

J’espère vous rencontrer nombreux/ses aux Journées d’été des Verts et d’Europe écologie à Nîmes et à celles de Régions et peuples solidaires à Tréguier.

Nicole Kiil-Nielsen

Députée européenne Les Verts / ALE