2nde ligne de Métro, l’agglomération rennaise fait le mauvais choix
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Alors que nous vivons une période de crise majeure, sur le plan économique et financier bien sûr mais aussi sur le plan social et environnemental, Les Verts considèrent qu’il est du rôle des Collectivités publiques que d’investir massivement en vue d’une conversion écologique et sociale de l’économie locale.

Les politiques de déplacements peuvent être un levier d’action important en vue de cette conversion. Il nous paraît donc primordial de doter Rennes Métropole d’infrastructures de transports écologiques, alternatives au tout voiture, et qui nous permettent de sortir de notre dépendance au pétrole.

Cependant, le choix technique d’un métro ne saurait nous convenir car c’est un choix trop onéreux pour un résultat insuffisant au regard des différents enjeux auxquels est confronté notre territoire aujourd’hui.

Nous constatons en effet un accroissement de la population des communes périphériques de Rennes. De fait, les déplacements depuis ces communes s’intensifient alors que le nombre de déplacements à l’intérieur de Rennes stagne.

De plus, ce sont les plus précaires qui, de par le coût du logement, sont expulsés à 30 voire 40 kilomètres de Rennes alors qu’ils continuent à travailler dans la ville centre. Ces populations modestes sont les premières touchées par l’augmentation du coût de l’essence.

L’urgence sociale nous impose de fournir des solutions de substitution à la voiture pour ces populations ; ce que ne pourra assurément pas faire une seconde ligne de métro qui ne dépassera pas les limites de la rocade.

A l’image de la ligne A, cette seconde ligne de métro restera renno-rennaise, mais sera néanmoins payée par l’ensemble des citoyens de l’agglomération alors même que ces derniers n’en profiteront pas directement. Ce projet est inéquitable car il va à l’encontre de la solidarité entre les territoires et favorise la concentration des activités économiques sur la seule ville de Rennes.

Enfin, alors que l’urgence est à la conversion de notre économie et à la prise en charge des populations touchées par la crise, nous craignons qu’une somme de plus d’1 milliard d’euros, allouée exclusivement au projet de métro, peu créateur d’emplois, ne grèvent les capacités d’intervention de la Collectivité publique auprès de l’économie locale et ce pour longtemps. Cela va à l’encontre de l’idée même de développement durable.

Le développement d’un TCSP de type tramway, tram train ou bus way, au coût 4 fois moindre au kilomètre que le métro et ce pour la même efficacité, répondrait aux besoins des populations de l’ensemble de l’agglomération et rencontrerait sûrement un succès similaire. Surtout, il permettrait une réelle multi modalité en se raccordant aux infrastructures ferroviaires régionales en vue du développement d’un réseau de transports de type RER, comme cela se fait sur l’agglomération nantaise aujourd’hui. Enfin, elle permettrait de dégager les marges de manoeuvre nécessaires en vue de la conversion écologique et sociale de l’économie métropolitaine. Conversion indispensable si l’on veut pouvoir aujourd’hui fournir des solutions de réemploi aux nombreux salariés qui se retrouvent sur le carreau.

Pour ces raisons nous regrettons le choix de cette deuxième ligne de métro acté par le conseil d’agglomération de Rennes Métropole le 23 avril, car il ne répond pas aux enjeux économiques sociaux et environnementaux de notre territoire. En s’entêtant dans cette voie, Rennes aggrave son retard dans la mise en oeuvre d’une véritable politique de développement durable et dilapide un investissement qui aurait pu être utilisé à meilleur escient.